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Paroisse Montfort sur Sèvre

Doyenné des Herbiers

Année A – 3ème dimanche de Carême – 2020, Mortagne

Michel GUILLIER

Dans la bible, le puits appelle la rencontre. Les filles n’y vont pas chercher que de l’eau ! Les garçons le savent bien, à la recherche de l’âme sœur qui saura épancher leur soif d’amour. Oui, mais pas à midi, en pleine chaleur. En Samarie, c’est l’heure où les oiseaux se cachent. Personne ne va au puits en plein midi. Sauf cette femme, aux mœurs un peu dissolues. À cette heure là, elle veut sans doute éviter justement toute rencontre. Et là, surprise : il y a un homme, un étranger qui est là, assis simplement, adossé à la margelle. Ses amis sont partis faire les courses et lui, se repose. C’est lui qui va engager la conversation et ce sera finalement une fort belle rencontre entre Jésus et cette femme, femme qui n’a pas de prénom !

Une belle rencontre certes, mais totalement scandaleuse. Les Juifs détestaient les Samaritains et leur vouaient une haine séculaire. Les Samaritains étaient pour eux un peuple de bâtards. Les purs Juifs les méprisaient. Ils étaient aussi un peuple hérétique, puisqu’ils ne fréquentaient pas le temple de Jérusalem. Ils allaient prier sur le mont Garizim, si bien que des Juifs pieux croyaient rendre gloire à Dieu en détestant les Samaritains. En quelque sorte, c’était une injure que de dire à quelqu’un : espèce de « Samaritain » !

Jésus, contre tous les préjugés de son époque, ose aborder, seul à seul, cette femme de Samarie, trois fois impure : impure parce qu’elle est de Samarie, impure parce qu’elle est femme (c’était ainsi en Orient), impure parce qu’elle est une femme légère et les maris vrais ou faux se succèdent à la maison. En face de cette femme trois fois impure, Jésus accepte de pulvériser cette triple barrière. Cette rencontre improbable est déjà en soi un message éclatant : Pour Dieu, il n’y a pas d’exclus ! Le pape François, à la suite du Christ, nous invite aussi à laisser nos a priori, quand il lave les pieds d’une jeune musulmane lors d’une célébration de jeudi saint. Le message du Christ, relayé par notre pape François est éclatant : pour Dieu, il n’y a pas d’ennemis, il n’y a pas de maudits, il n’y a rien d’impardonnables, il n’y a pas d’irrécupérables ! Toutes les femmes, tous les hommes ont droit à l’eau vive de sa Parole et de son Amour.

Et le comble, c’est que cette femme, aux mœurs un peu décousues, devient disciple-missionnaire. « Venez voir celui qui m’a redit tout ce que j’ai fait ! » A leur tous, les gens du village viennent rencontrer Jésus ! Une femme, une étrangère, une laïque, devenue disciple-missionnaire.

Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce que le Pape François nous pousse à vivre : nous devons être une Eglise ouverte, une Eglise missionnaire, une communauté non repliées sur ses difficultés, une communauté qui prend l’initiative d’aller au dehors, au-devant de nos frères et sœurs qui ne connaissent pas encore la joie de l’Evangile.

Dans la partie 2 de sa lettre pastorale, notre évêque François Jacolin développe sur sept pages la diversité et la complémentarité des vocations dans la communion missionnaire : la vocation des laïcs, des prêtres, des diacres, des consacrés. Toutes ces vocations ont leur source dans la vocation baptismale, ce que l’on appelle le sacerdoce commun des baptisés.

Pour les laïcs, il s’agit de rendre témoignage à travers leur vie familiale et professionnelle, par leur participation à la construction de la société dans des associations confessionnelles ou non (page 15). C’est l’intuition première de l’Action Catholique d’être « lumière du monde » et « sel de la terre », en proximité avec les gens. (page 15). Nous aurons de plus en plus besoin de laïcs généreux et formés pour seconder les prêtres dans l’exercice de la charge pastorale au service de la vie des communautés chrétiennes. Ainsi tout laïc, en vertu des dons qui lui ont été faits, constitue un témoin et en même temps un instrument vivant de la mission de l’Eglise elle-même (c’est à la page 16).

Les prêtres partagent fondamentalement la vocation baptismale commune à tous les chrétiens. Mais ils sont appelés à représenter le Christ ressuscité au sein de l’Eglise et à agir en son nom pour le service de leurs frères et sœurs (toujours en page 16). Le ministère sacerdotal est un service d’autorité, ce qui est difficile à comprendre pour notre mentalité individualiste. Cependant la véritable autorité est une vertu au service de la croissance des personnes et de l’Eglise. L’apôtre Pierre disait aux anciens comme lui : « Soyez les bergers du troupeau de Dieu ». A la page 18, le père Jacolin écrit : Prêtres, aidons-nous à assumer pleinement les missions pastorales qui nous sont confiées, mais sans nous les approprier, ni nous identifier à elles.

Il y a aussi une demi-page sur la vocation spécifique des diacres. Le maitre-mot du diaconat est celui du service des frères, à l’image du Christ serviteur. Les diacres, 56 mariés et 1 célibataire dans notre diocèse de Luçon, exercent leur ministère à travers leur vie familiale, leur vie professionnelle ou à travers un service d’Eglise pour quelques-uns. Ils constituent un atout majeur pour l’avenir de l’Eglise en général, pour notre diocèse en particulier. C’est à la page 18.

La page 19 définit la vocation spécifique des consacrés. Religieux, religieuses, contemplatifs ou apostoliques, toutes ces formes de la vie consacrée ont pour finalité première, d’être signe du Royaume de Dieu en germe dans le monde et d’orienter notre regard vers sa pleine réalisation.

L’harmonie dans la diversité des vocations est le moteur de la croissance du Corps du Christ ressuscité, grâce aux articulations qui le maintiennent, selon l’énergie qui est à la mesure de chaque membre. Ainsi le corps se construit dans l’amour, comme il est écrit dans la lettre aux Ephésiens.

J’ai été un peu long, mais j’ai été mandaté pour vous parler de cette lettre pastorale de notre évêque. Vous pouvez noter dans vos agendas le mercredi 25 mars***, 20h30, une rencontre pour un temps de prière et d’échange. Cela suppose que vous la lisiez, cette lettre pastorale. Le diocèse propose un guide et quelques questions, comme celles-ci à propos de la diversité des vocations :

  • Comment je vis ma vocation ?
  • Qu’est-ce que je reçois des autres vocations ?
  • En quoi nos vocations sont-elles complémentaires ?

Alors à bientôt pour prolonger cette première et courte approche de ce matin.

*** Bien évidemment avec les décisions récentes, cette rencontre est SUPPRIMEE.