12 place Hullin
85290 Mortagne sur Sèvre
02 51 65 00 32
mortagnesursevre@diocese85.org
02 51 67 81 34
basilique@free.fr

Paroisse Montfort sur Sèvre

Doyenné des Herbiers

les « Vierges folles » Mat 25, 1-13

L’annonce d’un mariage, c’est une annonce de fête, de bonheur… Mais là, non ! ce n’est pas la fête pour la moitié des invitées. Spontanément, on se met à leur place, à la place des exclues d’une fête ; de même, l’on compatit facilement aux personnes exclues d’une belle occasion ! elles ne le méritaient pas !!!

Et puis, pas très chrétiennes, les cinq premières, dites sages ! elles auraient pu aider charitablement les autres invitées, un peu tête en l’air, sans doute, mais qui n’avaient pas mérité ça ! Mais encore une fois, l’Évangile n’est pas un livre de morale qui nous dirait : tu dois aider tes amis dans le pétrin ; non ! le message est évidemment à un autre niveau ! d’ailleurs, ce mariage est bien bizarre : on n’y parle pas de la mariée ! et l’heure d’arrivée du marié dépasse toutes les convenances ! Et puis, ce marié qui refuse d’ouvrir aux cinq dernières, bizarre ! Mais alors, qu’est-ce que Jésus veut nous dire ?

Il s’agit de noces… celles de Dieu et de son peuple, du Christ et de l’Eglise ; il s’agit d’une rencontre d’Alliance, peut-être bien celle du Christ et de chacun de nous… il s’agit du retour du Christ, que les premiers chrétiens trouvaient bien long à revenir…

Bref, on a manqué d’huile, l’huile pour la lampe, pour la veille, pour la lumière ; et apparemment, cette huile ne se vend pas, ne s’échange pas… un peu comme la flamme de l’amour, comme la passion de la rencontre ! en effet, c’est la rencontre de l’époux qui va être réussie ou manquée, selon l’état de la lampe de son cœur… ; c’est la rencontre avec son Seigneur, celle du dimanche, celles de chaque jour ou celle du dernier jour… qui peut rater si je ne suis pas en état de veille. Les 10 s’étaient endormies, là n’est pas le problème ! mais la moitié n’étaient pas prêtes, en leur cœur, à vivre la rencontre, elles n’étaient pas en état de veille…

Le chrétien n’est donc pas celui qui a le plus de principes, de convictions… c’est celui qui attend quelqu’un, qui attend le Christ dans tout ce qu’il vit ! parfois, je suis dans la nuit, je dors et ne veille pas : c’est la lassitude, le découragement, l’indifférence, le souci des seules causes matérielles… Dieu respecte ma « fatigue », mais il attend ma vigilance. Les cinq insouciantes voulaient-elles vraiment rencontrer l’époux et vivre la noce ? on ne le dirait pas ! l’Amour ne se marchande pas, ne s’achète pas, il est unique. La porte ne s’ouvre que sur un cri profond d’amour !

Et si les 10 jeunes filles représentaient, personnifiaient la mariée ? les sans soucis étaient-elles vraiment amoureuses ? Et si les 10 jeunes filles nous représentaient, nous aussi qui sommes invités à une rencontre d’Alliance, d’Amour avec l’Époux, le Christ ? et à entretenir la flamme de cette rencontre ? soyons des veilleurs : ne nous laissons pas endormir par les futilités de la vie. Soyons en attente, soyons en demande. Le Seigneur passe toujours. L’attendons-nous ? Le voyons-nous ? Le reconnaissons-nous. Ce que nous avons fait – ou non – c’est à lui que nous l’avons fait, nous dira-t-il un peu plus loin. (Mat 25, 31-46)

Profitons de ce confinement pour nourrir notre intériorité, notre veille, notre attente de voir le Christ, chaque jour comme au dernier ! descendons au plus profond de notre cœur, là où est cachée la source d’eau vive, d’où jaillit l’Amour que l’Époux reconnait.

J. BORDERON