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Paroisse Montfort sur Sèvre

Doyenné des Herbiers

Passion de Jésus-Christ selon st Jean 18,1 à 19,42

MORT DU CHRIST – VIE DES HOMMES

Jésus venait de rentrer dans Jérusalem, acclamé par la foule. Ne venait-il pas de ressusciter Lazare ?

Jésus va à sa mort. Il sait son heure arrivée. Elle est dure cette Heure, mais inéluctable. Il y va librement. Il sait qu’Il risque sa peau pour que la vie jaillisse. S’Il ne meurt pas, il reste seul… comme la graine dont il avait parlé quelques jours avant (Jean12, 24-25). Si la graine ne se décompose pas, elle ne donnera rien. Sans cette désintégration, il n’y aura pas de récolte ! seule sa mort va permettre la venue du fruit. Elle est condition de vie, une vie qui prend sa source sur la Croix. (Élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12,32).

Mort féconde pour celui qui sait y voir non une fin, mais un commencement. Pour le Christ, et pour nous.

Jésus meurt pour que le monde ait la vie. Celui qui veut vivre de l’Evangile, ne peut pas, plus que son maître, échapper à cette mort : elle est un passage indispensable ; porter sa croix n’est donc pas une dévotion privée, quelque peu masochiste, mais bien une volonté d’abandonner la tranquillité de son moi ! Et vivre pour les autres. Accepter de se donner n’a de sens que si l’on accepte aussi de recevoir. Le sens de sa mort, le Christ l’a reçu de son Père qui ne l’a pas laissé seul, mais l’a relevé d’entre les morts. Par-là, sa mort est devenue source de vie. S’il faut se détacher de sa vie, se renoncer, ce n’est pas parce que le monde est mauvais, mais parce que nous acceptons de faire ce passage avec le Christ. Sa mort a transformé le monde. Elle n’aura de sens pour nous que si nous voulons recevoir d’elle le sens de notre vie, de toutes nos actions.

Vivre avec Lui sera refaire tous les jours ce passage, pour abandonner ce qu’il reste en nous comme puissance de mort, de destruction de nous-même ou de ceux qui nous entourent. Vivre avec Lui, ce sera essayer de découvrir dans les grands et les petits moments de notre existence ce qui appartient déjà à la nouveauté du Christ et qui nous ouvre au monde. Puissions-nous dire de nous, à notre mort, qu’on y aura lu un accomplissement, même balbutiant, d’une ouverture à la vie dans l’Autre.

POURQUOI SOUFFRIR ?

« C’est dans la souffrance que je prends le plus intimement conscience de mon humanité ». C’est peut-être aussi dans ce confinement que je prends le plus intiment conscience de ma fragilité, de ma faiblesse… devant la croix du Christ je peux ressentir et partager son sentiment d’abandon et de liberté. Il a vraiment vécu son incarnation, il a vraiment partagé notre condition humaine… Au cœur de ma fragilité ressentie, de mes dépendances reconnues, de mes faiblesses combattues, je m’associe à sa souffrance et à sa mort à moi-même, et je fais confiance à l’autre, à l’Autre. Avec Lui, je suis fait, par la grâce de Dieu, pour passer d’un monde à l’Autre. Non seulement les expériences de vie difficile ou souffrante peuvent me faire grandir en sagesse de vie, mais elles me donnent de pouvoir vivre la communion à mes frères, et à mon Frère, le Christ… jusque dans son mystérieux passage…

Abbé Jean BORDERON